Les lignes, les couleurs, les objets et jusqu’à notre manière de les regarder.
Sur le sable, entre les galets ou face à l’horizon, une assiette Boch Frères La Louvière n’est plus tout à fait une assiette. Ses courbes rencontrent celles des vagues, ses bleus se mêlent à ceux du ciel, ses imperfections répondent aux traces laissées par l’eau.
La vaisselle Boch Frères La Louvière quitte la table pour entrer dans le paysage. Ces objets nés autrefois du travail des hommes et des femmes de la faïencerie voyagent désormais loin des ateliers qui les ont vus naître.
Fragiles face à l’immensité, ils racontent autre chose : une mémoire, un déplacement, une rencontre entre la terre, le feu et la mer.
Et pendant un instant, l’horizon semble avoir dressé la table.
Textes ci-dessous par Sigrid Van Cleemput
Porcelaine au vent - un peu de bleu s'est échoué au bord de l'été.Fragments bleus - le vent range le silence dans le sable.Tasse oubliée - l'ombre des oyats goûte le sel.Voiles d'azur, un carreau au mur s'évade - brise du large.Tasse renversée - le temps a bu la mer, sable dans le silence.Verre échoué - le soleil boit en secret l'or des marées.Éclat de verre - le sable retient un fragment d'été.La mer s'est retirée - anneau fatigué rêve encore de sable, filet, souvenir.Algue brune, verre ambré - la mer du Nord en silence effleure la lumière.Assiette d'azur, moulin veille sur les flots - La Panne respire.Dans les nœuds du temps, l'heure s'est prise au large où rien ne presse.À La Panne, le vent pose un peu de porcelaine sur le béton brut.Marée s'est retirée - sur le filet, une horloge oublie l'heure des départs.La Panne. Sable, éclat, porcelaine - souvenirs chuchotés.Béton dans les dunes - un bleu de Boch s'y échoue, La Panne le recueille.