Bruxelles, été 2026
Avant d’être un objet photographié, cette caisse a travaillé
Elle provient des ateliers Frères Boch La Louvière et servait au transport de pièces de la manufacture, notamment de tasses. Le bois en porte encore les marques, les inscriptions et les traces d’usage.
Pour cette série, la caisse quitte l’univers de l’atelier et voyage jusqu’au Bois de la Cambre. Elle y arrive comme autrefois elle aurait pu arriver quelque part après avoir quitté la manufacture : portée, déposée, chargée. La présence de l’ouvrier rappelle d’abord ce qu’elle fut — un objet modeste au service d’autres objets.
Puis la caisse livre peu à peu ses secrets.
Son contenu apparaît, pièce après pièce. Les objets en sont extraits, prennent place dans le paysage et commencent une autre vie.
Lorsque la caisse est vide, son rôle pourtant ne s’achève pas. Elle devient à son tour support, table improvisée, décor d’une tea party puis d’un pique-nique. Ce qui servait autrefois à transporter la vaisselle accueille désormais les gestes et les objets qu’elle avait pour fonction de protéger.
D’une image à l’autre, la caisse change ainsi de statut sans jamais perdre la mémoire de sa première existence.
Les objets familiers deviennent paysages, détails, traces d’une histoire que chacun peut poursuivre à sa manière.
Les photographies suivent cette métamorphose. Les quelques mots et haïkus qui les accompagnent en proposent d’autres lectures, entre mémoire industrielle, déplacement et imaginaire.
De photographie en photographie, un fil se dessine : celui du déplacement et du regard. Regarder autrement ce que l’on croyait connaître. Laisser dialoguer l’objet ancien avec un lieu, une lumière, une saison.
